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« J’en ai laissé passer deux avant de monter » : le calvaire des usagers de la ligne de bus 128 dans les Hauts-de-Seine
La ligne de bus qui relie tout le sud des Hauts-de-Seine accumule les témoignages d’usagers mécontents, entre attentes interminables et bus bondés. Une association a alerté Île-de-France Mobilités et la RATP.
À la veille de la rentrée scolaire, Salomé attend le bus à la sortie de la station de métro Barbara, avec son père Samuel, à Bagneux. Elle est en repérage car elle empruntera tous les jours la ligne 128 pour aller de Montrouge au lycée Marie Curie de Sceaux. Alors la future lycéenne et son père espèrent que le service sera ponctuel. « Il ne faudrait pas que ce soit comme le 68, c’est une ligne reloue, les gens râlent beaucoup », remarque-t-il.
Seulement voilà, après avoir recueilli des témoignages depuis le mois de mai sur cette ligne reliant la Porte d’Orléans à la gare de Robinson à Sceaux, l’association des usagers des transports de Bagneux, Bourg-la-Reine, Châtillon et villes voisines, a alerté sur des dysfonctionnements devenus « structurels » sur cette ligne. Une rencontre est prévue le 10 septembre prochain avec Île-de-France-Mobilités et la RATP.
Un problème « massif »
« Cette ligne relie tout le sud du département qui draine une population énorme jusqu’au métro Barbara, remarque Xavier Dubois, président de l’AUT2BC. Mais elle n’a jamais été adaptée à l’augmentation des flux d’usagers se rendant au métro depuis son ouverture. »
Ce que confirme, Julie, en ce lundi de reprise. « Depuis qu’il y a le métro, le bus est souvent blindé, je le sais car je le prenais déjà avant l’ouverture de Barbara il y a cinq ou six ans et ce n’était pas comme ça. Parfois même, ils suppriment des bus ou ils arrivent en retard, même si ce n’est que cinq minutes, ça joue sur la correspondance avec le RER à Robinson. »
En mai, l’association lance une campagne de témoignages sur son groupe Facebook. « Auparavant, nous n’additionnions pas les problèmes, mais avec cette campagne, on s’est rendu compte à quel point c’était massif. »
Durant les travaux du RER B cet été, la galère des usagers s’est accentuée. « C’était horrible, catastrophique », rappellent à l’unisson deux voyageuses. « Je suis arrivée au travail un matin à 10 heures au lieu de 8 heures ! » raconte Marie. « On avait jusqu’à 30 minutes d’attente parfois en pleine canicule », renchérit Sekoura.
Alors qu’Île-de-France Mobilités et la RATP annoncent un renforcement de l’offre depuis le 7 août, les témoignages reçus par l’association les jours suivants continuent de faire état de « 25, 32 ou 34 minutes d’attente, jusqu’à 50 minutes annoncées pour le deuxième bus, de voyageurs laissés à quai et de bus circulant en convois ».
« Ça fait boîte à sardines »
« Si l’on regarde les horaires en août à 23 heures, la ligne ne devrait pas dépasser les 20 minutes d’attente, alors quand en pleine journée, on attend 25 minutes, ce n’est pas normal, ajoute Xavier Dubois. Les usagers payent 90 euros par mois (coût du navigo mensuel) pour un service qu’ils n’ont pas. »
Pour Blanche, le problème de la 128 est davantage lié à sa saturation qu’à sa régularité. « Le peu de fois où je la prends, il y a beaucoup de monde surtout que j’ai une poussette. Il y a deux jours, samedi à 18h30, j’en ai laissé passer deux avant de pouvoir monter. »
« Aux heures de pointe, ça fait effectivement un peu boîte à sardine, poursuit Sarah mais honnêtement, je trouve qu’il fonctionne globalement pas mal. » Mais cette habitante de Sceaux regrette que très souvent, il est en service partiel et s’arrête sur la place Dampierre à Bagneux.
D’après la RATP, la ligne 128 connaît historiquement une forte fréquentation, notamment sur la première partie de son parcours, entre Porte d’Orléans et Dampierre justement. Sur ce tronçon spécifique, la régie des transports parisiens confirme que des « niveaux de charge élevés » peuvent « ponctuellement » être observés notamment aux heures de pointe.
Théoriquement en période scolaire, l’offre prévoit 12 passages par heure, soit un bus toutes les 5 minutes environ, entre Porte d’Orléans et Dampierre et six passages par heure, soit un bus toutes les 10 minutes environ, entre Dampierre et Robinson.
Des études en cours sur la 128
Mais ces dernières semaines, la RATP reconnaît que plusieurs facteurs ont contribué à accentuer cette situation difficile. Elle cite en particulier la mise en place de l’offre allégée d’été durant les mois de juillet et août. Puis, l’interruption du RER B pour travaux, qui a entraîné un report de voyageurs important sur la ligne 128 qui fait la jonction entre les stations du RER « Robinson », « Fontenay-aux-Roses » et le métro ligne 4 à « Barbara ». Au regard de ces travaux, la régie assure que sept bus supplémentaires avaient été intégrés à l’offre d’été pour la renforcer.
Les épisodes de fortes chaleurs auraient eux aussi eu un impact sur la circulation des bus car des mesures de protection pour les salariés ont été mises en place.
Si la circulation semble avoir repris normalement depuis la rentrée, la ligne 128 fait actuellement l’objet d’études, nous indique la RATP, « afin d’adapter au mieux l’offre aux besoins des voyageurs ».
Et oui le
RATP ici, le
Kéolis là-bas, le
TRANSDEV là-haut etc...