Monologue littéraire

Pour tout ce qui ne concerne pas les transports, blagues, espace de détente :D
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Yann
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La solitude des nombres premiers [La solitudine dei numeri primi] de Paolo Giordano

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Un roman plutôt énigmatique, je ne me souviens pas pourquoi mon choix s'était porté dessus. Ce qui se détache avant tout, c'est une certaine fatalité, qui donne aux deux personnages, catégorisés comme différents, une volonté de ne pas lutter contre leur mise à l'écart. Alors que l'on a envie de leur gueuler de se bouger, que le bonheur leur est accessible aussi... mais rien n'y fait.
Un livre plutôt triste donc, mais bien construit, au style intéressant.

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Portugal de Cyril Pedrosa



Une œuvre vraiment sublime ! Déjà par les couleurs, chaudes forcément quand on évoque le Portugal, et qui sont parfaitement en accord avec les différents sentiments que l'auteur ressent et nous fait ressentir au fil des pages. Et puis ce dessin, à mi-chemin entre l'esquisse et la recherche d'intemporalité, une sorte d’impressionnisme moderne où le crayon semble avoir sa propre vie.
Enfin l'histoire, cet éternel besoin de replonger dans ses racines quand on ne sait pas trop où on va, reprendre une nouvelle impulsion à partir de l'élan initial. Très touchant, forcément.

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Cet été là [This one summer] de Jillian & Mariko Tamaki



Je ne savais pas trop dans quoi je m'aventurais, le format et les dessins de cette BD m'attiraient. Ce que j'en retire, c'est à mon avis une œuvre incomplète, ou du moins qui cherche à nous interroger plus qu'à conduire quelque part en particulier. En effet, on suit les vacances d'été d'une ado canadienne, et c'est le rythme estival qui va conduire le fil directeur, comme balloté par une succession de sacs et de ressacs.
Avec un style à la fois dynamique et lascif, les deux auteurs (deux cousines ayant uni leurs talents respectifs) nous promènent dans cet âge difficile mais qui réserve parfois de bonnes surprises.

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Le duel [Einvígið] d'Arnaldur Indriðason (version audio)



Retour au roman policier, et celui-ci m'a été conseillé car le contexte est aussi important que l'intrigue. En effet, l'élucidation du meurtre d'un jeune homme dans un cinéma de Reykjavík se déroule en plein pendant les championnats du monde d'échec de 1972 avec comme point d'orgue le duel entre l'Américain Bobby Fisher et le russe Boris Spassky (duel politique en pleine guerre froide).
Du coup, on trouve plusieurs ingrédients dans ce roman : le contexte politique comme toile de fond, les échecs comme métaphore du travail des enquêteurs, un drame social pour permettre de comprendre la psychologie complexe du personnage principal et bien-sûr une petite dose de suspense pour le lecteur friand de ces histoires.
Je reste toutefois partagé sur mon ressentiment à cette lecture, il y a du bon et du moins bon. Du côté positif, je retiens surtout l'aspect historique et géopolitique, et qui a eu un écho particulier puisque je lisais en même temps La fin de l'homme rouge de Svetlana Alexievitch. Et comme tout roman étranger, cela permet aussi de découvrir un pays, qui plus est avec de telles spécificités comme l'Islande.
J'ai trouvé en revanche le rythme peu adapté à l'histoire et des personnages qui manquaient de vie, malgré un style plutôt séduisant.

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Purge [Puhdistus] de Sofi Oksanen (version audio)



Un roman à la fois historique et sociologique qui s'appuie sur deux histoires que l'on suit en parallèle. D'abord à travers le destin de deux sœurs, c'est l'annexion de l'Estonie par l'URSS que l'auteur nous raconte (Sofi Oksanen est finlandaise mais sa mère est estonienne). Avec comme toile de fond la cruelle mainmise soviétique sur le pays dans les pires moments du stalinisme.
A l'opposé, on suit la trajectoire contemporaine d'une jeune russe de Sibérie, attirée par les lumières de l'Occident et qui se retrouve prisonnière d'un réseau de prostitution.
Une écriture trouble où les violences communistes et capitalistes, les effets conjugués de l'idéologie et de l'argent nous dessine les pires travers de l'URSS tout comme celui du vide créé par son effondrement. J'ai beaucoup aimé écouter ce livre, bien rythmé et où la maîtrise des couleurs forme un tableau saisissant.

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La fin de l’homme rouge [Время second hand (конец красного человека)] de Svetlana Alexievitch (Blr)

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Svetalana Alexievitch a reçu le prix Nobel de littérature et après avoir lu ce livre, je comprends pourquoi et j'approuve. Même si on est plus proche du journalisme que du roman, cette œuvre magistrale permet de mieux comprendre la complexité de l'histoire récente russe.
En rassemblant des témoignages de tous horizons depuis la chute de l'URSS, l'auteur nous dresse un portrait au plus juste de ce que fut la vie au temps du communisme, comment le peuple a vécu, parfois de manière diamétralement opposée, son extinction et surtout quel mode de vie, sur un modèle de capitalisme sauvage et effréné, l'a remplacé.
Bien que Biélorusse, Svetlana Alexievitch s'intéresse à tous les peuples qui ont composé l'URSS et qui ont traversé de manière plus ou moins heureuse leur accès à l'indépendance. Mélangeant les points de vue, elle compose une œuvre polyphonique (la métaphore n'est pas de moi), un formidable travail de recomposition dont on ne ressort pas indifférent.

J'ai adoré !

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Entre ciel et terre T1 [?] de Golo Zhao



Non, ce n'est pas un manga mais une BD chinoise, la première que je lis en provenance de l'Empire du Milieu.
Si j'ai trouvé les dessins très beaux, très expressif, je suis plutôt resté hermétique à l'histoire. Il y avait pourtant de la magie (qui m'a fait penser au Voyage de Chihiro) et c'était l'occasion de découvrir un peu la culture chinoise mais il me manquait sans doute une clé pour déchiffrer correctement ce livre.

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Avenue des géants de Marc Dugain



Ce livre est inspiré d'une histoire vraie, celle d'un tueur en série américain dans les années 60-70. L'auteur se met à la place de cette homme hors du commun, grand par la taille et par l'intelligence mais atteint de graves troubles psychiatriques.
C'est évidemment toujours étrange d'adopter le point de vue d'un psychopathe, surtout quand celui-ci s'exprime de manière cultivée, structurée et presque raisonnable, ce qui lui donne forcément un côté sympathique. Néanmoins c'est un voyage étonnant que l'on fait en passant de l'autre côté de la barrière et finalement, la frontière semble bien mince entre ces deux parties de notre essence (le bien et le mal, le ying et le yang, ...).
Dans un style impeccable et précis, ce roman est remarquablement fort et bien construit, pour nous faire cheminer dans ces méandres obscurs et délicats de l'âme humaine.

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Nous rêvions juste de liberté de Henri Lœvenbruck



J'ai découvert ce bouquin dans Babelio, en faisant des recherches parmi les livres qui avaient les notes les plus élevées. Et en cliquant sur sa fiche, tout me poussait à le lire : non seulement son 4,61/5 (ce qui est exceptionnel), mais aussi son titre, son accroche et sa flopée de commentaires dithyrambiques de lecteurs époustouflés, retournés, émerveillés par leur lecture. Ce qui m'a intrigué également, c'est que je connaissais Henri Lœvenbruck plutôt en tant qu'auteur de romans policiers, mais ici il abordait un tout autre genre.
Le livre retrace l'histoire de Bohem, ado révolté qui va découvrir l'ivresse de la liberté avec sa bande de potes au guidon de leurs motos. Sillonner le pays (un mix entre la France et les États-Unis) sans avoir forcément de but précis devient leur leitmotiv et leurs valeurs vont petit à petit être mises à l'épreuve.
Oui, c'est vraiment un livre grandiose qui méritait amplement d'être découvert. Vaste sujet que celui de la liberté, et c'est souvent sous couvert de rébellion que celle-ci s'exprime le mieux. Car peut-on vraiment être libre quand on ne fait que respecter les normes et les lois définies par la société dans laquelle on évolue ? On pourrait en débattre sans fin, et tous les cours de philo ne remplaceront jamais l'expérience personnelle que l'on peut s'en faire.
En tout cas, ce livre m'a beaucoup interpellé et interrogé mon être le plus profond, remis en question certaines de mes certitudes. C'est ce qui fait à mon sens toute la richesse d'un bouquin qui vous attrape aux tripes et à la fin duquel on en sort changé, portant un nouveau regard sur la vie.

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Trois femmes puissantes de Marie Ndiaye (version audio)



J'avais apprécié le premier livre de Marie Ndiaye que j'avais lu, Mon cœur à l'étroit, surtout pour le style mais il m'en était resté tout de même un désagréable sentiment d'oppression.
Et à l'écoute de ce livre, j'ai ressenti la même chose : c'est drôlement bien écrit, la construction est réfléchie et bien amenée mais une sorte de malaise s'installe au fil des pages, à travers ces 3 histoires distinctes bien que reliées par un petit bout de fil de rien du tout. Et cette sensation gâche, pour moi, le plaisir d'une lecture. C'est un style, qui a sûrement ses adeptes mais pas moi.

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