Monologue littéraire

Pour tout ce qui ne concerne pas les transports, blagues, espace de détente :D
Avatar de l’utilisateur
Yann
Administrateur du site
 
Messages: 3448
Inscription: Jeu 8 Juil 2010 23:49
Localisation: Ozoir-la-Ferrière (77)
La garde blanche [Белая гвардия] de Mikhaïl Boulgakov, chez Pocket, traduit par Claude Ligny

C'est sur cette œuvre que s'achève ma petite promenade sur les traces d'Andrei, à travers cette littérature orientale qu'il apprécie.

Boulgakov reste pour moi à jamais inscrit dans ma mémoire, par le biais du fantastique Maître et Marguerite, un roman hors normes et surréaliste sur les vicissitudes des premières années du communisme russe.

La garde blanche met en scène une famille blanche (i.e. proche de l'ancien régime), impliquée dans la défense de la ville de Kiev contre les républicains socialistes ukrainiens en décembre 1918. A travers leurs tourments, leurs épreuves, leurs sentiments, leurs combats, c'est une page de l'histoire ukrainienne qui se tourne devant nos yeux, relatés par un spectateur de premier plan puisque Boulgakov y a vécu durant ces années troublées.
La force de ce roman tient dans sa vision poétique et hallucinée des évènements. Héritier de la grande littérature russe, de Tolstoï à Gogol, Boulgakov va y mêler son génie et sa fantaisie pour imprimer son style unique, celui d'un artiste qui joue avec les mots comme les notes d'une symphonie aux milles couleurs, s'éparpillant en milles éclat de lumière sur les jardins de Kiev et les plaines ukrainiennes.

Yann :wink:
"Happiness only real when shared" Chris McCandless
"Ma religion, c'est l'amour" Guy Gilbert

Avatar de l’utilisateur
Yann
Administrateur du site
 
Messages: 3448
Inscription: Jeu 8 Juil 2010 23:49
Localisation: Ozoir-la-Ferrière (77)
Les encombrants de Marie-Sabine Roger chez Babel

Qui sont ces encombrants que l'auteur nous présente à travers ces quelques nouvelles ?
Des vieux, des personnes âgées, du 3ème âge, d'un certain âge, des aînés, des croulants, des ancêtres, des débris, mais avant tout des êtres humains !
Ils ne peuvent quasiment plus vivre sans nous mais le problème, c'est que nous, si !
Avec humour, dérision, mais aussi avec réalisme et crudité, Marie-Sabine Roger nous place en face de ces hommes et ces femmes qui vieillissent et que le plus souvent on refuse de voir.

C'est agréable à lire et donne matière à réfléchir...

Yann :wink:
"Happiness only real when shared" Chris McCandless
"Ma religion, c'est l'amour" Guy Gilbert

Avatar de l’utilisateur
Yann
Administrateur du site
 
Messages: 3448
Inscription: Jeu 8 Juil 2010 23:49
Localisation: Ozoir-la-Ferrière (77)
Le baron perché [Il barone rampante] d'Italo Calvino, chez Points, traduit par Juliette Bertrand

Un petit tour du côté de l'Italie, peut-être pour aller chercher du soleil... 8)

Nous voici transporté en Liguria en cette fin du XVIIIème où l'influence des Lumières est grandissante. Un jeune nobliau décide à 12 ans de passer le reste de sa vie dans les arbres, sans jamais poser un pied à terre.
Ce conte (écrit dans les années 60) n'est pas un simple récit écologiste sur le retour à la nature, c'est surtout un magnifique travail sur l'environnement social dans lequel l'Homme évolue, en droite ligne d'un Rousseau mais baigné des désillusions du XXème siècle.

Un récit universel, plein de force et d'imaginaire, savoureux et ... arboricole ! :D

Yann :wink:
"Happiness only real when shared" Chris McCandless
"Ma religion, c'est l'amour" Guy Gilbert

Avatar de l’utilisateur
Yann
Administrateur du site
 
Messages: 3448
Inscription: Jeu 8 Juil 2010 23:49
Localisation: Ozoir-la-Ferrière (77)
Le Chœur des femmes de Martin Winckler chez POL

La médecine de la femme, ça vous dit ?
C'est une plongée dans cet univers que nous propose l'auteur (lui-même médecin), prônant une relation patient-médecin beaucoup plus humaine, dénonçant par la même les travers du système de formation français qui a, semble-t-il, du mal à évoluer.
L'histoire est rondement menée, et nous tiens en haleine jusqu'au bout, c'est là tout le talent de Martin Winckler, qui sait parfaitement jouer avec les mots pour nous balader de page en page.
Mais c'est avant tout son aptitude à faire passer son message, de manière élégante et efficace, que je trouve remarquable. Bien que parfois manichéen (les quelques gentils docteurs adeptes d'une médecine alternative contre les méchants mandarins qui perpétuent la sempiternelle tradition), ce livre met en avant les défauts de la médecine française, en particulier dans le cas de la gynécologie.

La prochaine fois que je le vois, j'en parlerai à mon médecin ! :D

Yann :wink:
"Happiness only real when shared" Chris McCandless
"Ma religion, c'est l'amour" Guy Gilbert

Avatar de l’utilisateur
Yann
Administrateur du site
 
Messages: 3448
Inscription: Jeu 8 Juil 2010 23:49
Localisation: Ozoir-la-Ferrière (77)
Leçons coloniales d'Azouz Begag (Scénario) & Djillali Defali (Dessin) chez Delcourt

Image

Aller, une petite BD pour changer.
A la fin de la 2ème guerre mondiale, l'histoire d'une jeune institutrice tout juste nommée à Setif où elle tente d'intégrer les "indigènes" à son école.
Nous sommes là dans les prémices de la guerre d'Algérie, où les tensions entre les algériens et les pieds-noirs se manifestent de plus en plus. Comme partout, la guerre a apporté les germes de la décolonisation, et la présence des Américains en Afrique du Nord n'y est pas étrangère.

Comme souvent dans les BD à caractère historique, je suis un peu déçu. Ca manque un peu de relief, et les personnages un peu trop caricaturaux, adoptant des postures prédéfinies (le méchant colon, la gentille institutrice, le leader indépendantiste, le traître, ...) et sans réelle personnalité. Quant au dessin, j'avoue que je n'ai pas accroché, ça manquait un peu d'épices, de saveurs méditerranéennes et d'odeur du désert.

Yann :wink:
"Happiness only real when shared" Chris McCandless
"Ma religion, c'est l'amour" Guy Gilbert

Avatar de l’utilisateur
Yann
Administrateur du site
 
Messages: 3448
Inscription: Jeu 8 Juil 2010 23:49
Localisation: Ozoir-la-Ferrière (77)
Le rasoir d'Ockham d'Henri Lœvenbruck chez Flammarion

Un bon polar, je dirais même un très bon polar, bien que j'y retrouve quelques travers habituels qui me font lire ce genre de livres qu'une ou deux fois par an.
Ça change, c'est bien, un peu de rythme, de sang et de sexe, ça divertit.
L'auteur, qui s'appuie sur un travail de recherche sérieux, sait nous mener là où il veut, et on s'accroche, on en redemande.

Yann :wink:
"Happiness only real when shared" Chris McCandless
"Ma religion, c'est l'amour" Guy Gilbert

Avatar de l’utilisateur
Yann
Administrateur du site
 
Messages: 3448
Inscription: Jeu 8 Juil 2010 23:49
Localisation: Ozoir-la-Ferrière (77)
Confidences à Allah de Saphia Azzeddine chez Éditions 84

Cru, vulgaire, direct, trash, ...
Quand on évoque la misère et son cortège d'horreurs quotidiennes, on utilise le langage qui lui va le mieux : celui de la violence des mots.
L'auteur nous livre les confidences d'une bergère maghrébine, pauvre et analphabète, baignée dans l'inculture et l'arriérisme religieux, devenue prosituée de luxe à la merci de l'hypocrisie des puissants.
Un constat cruel de cette société arabe partagée entre modernisme et traditions - le respect des coutumes ancestrales y côtoie le "culte" de la télévision - mais qui n'est pas absent d'espoir !

Âmes sensibles s'abstenir

Yann :wink:
"Happiness only real when shared" Chris McCandless
"Ma religion, c'est l'amour" Guy Gilbert

Avatar de l’utilisateur
Yann
Administrateur du site
 
Messages: 3448
Inscription: Jeu 8 Juil 2010 23:49
Localisation: Ozoir-la-Ferrière (77)
Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur [To kill a mockingbird] de Harper Lee chez Éditions de Fallois, traduit par Isabelle Stoïanov

Oui !!! :D
Une œuvre magistrale, que j'ai découvert par hasard et dont j'ignorais le succès. Après la lecture, je comprends pourquoi ce livre a une telle renommée.

Nous voilà plongés dans l'Alabama des années 30, symbole du Sud profond et esclavagiste, qu'une petite fille nous raconte avec ses yeux d'enfant et son regard d'adulte qu'elle est devenue.
L'humanité pointe dans chacun des mots, et malgré la distance (géographique, historique et culturelle) qui nous sépare de ce monde, ce roman ne peut que nous toucher au plus profond de notre essence.

Bien loin de la pensée unique et du politiquement correct qui souvent dénature les sens de leur raison d'être, voici un témoignage simple et authentique, le seul que cette écrivaine mystérieuse nous ai laissé, que j'invite tout le monde à lire.

Yann :wink:
"Happiness only real when shared" Chris McCandless
"Ma religion, c'est l'amour" Guy Gilbert

Avatar de l’utilisateur
Yann
Administrateur du site
 
Messages: 3448
Inscription: Jeu 8 Juil 2010 23:49
Localisation: Ozoir-la-Ferrière (77)
Le jour avant le bonheur [Il giorno prima della felicità] d'Erri De Luca, chez Gallimard, traduit par Danièle Valin

J'ai bien aimé, mais sans plus. L'histoire d'un orphelin napolitain face à la réalité de la vie.
Au milieu du bouquin, je me suis posé la question de la traduction. L'italien est une langue qui chante, d'autant plus quand on va vers le sud. L'auteur est un Napolitain, et en lisant ce roman, j'imaginai ce que ça pouvait donner en VO. Et, je me trompe peut-être, je pense que la traduction ne peut rendre toute la dimension de ce roman. Il faudrait que je trouve en extrait en italien.

Yann :wink:
"Happiness only real when shared" Chris McCandless
"Ma religion, c'est l'amour" Guy Gilbert

Avatar de l’utilisateur
Yann
Administrateur du site
 
Messages: 3448
Inscription: Jeu 8 Juil 2010 23:49
Localisation: Ozoir-la-Ferrière (77)
Le voyage en Orient [Die Morgenland fahrt] de Hermann Hesse, en Livre de Poche, traduit par Jean Lambert

L'accroche était tentante : suivre un voyage initiatique et mystique d'intellectuels allemands en route vers l'Orient dans l'entre-deux-guerres.
Mais dès que l'auteur cherche à raconter ce voyage, il ne trouve pas les mots, s'embrouille pour finalement revenir au point de départ.

D'où une impression mitigée : de la difficulté, voire l'impossibilité, de relater fidèlement une expérience vécue, l'auteur nous demande de le suivre dans le labyrinthe tortueux de sa mémoire et de son imaginaire, ce qui devient vite bien difficile à suivre.
Il faudrait peut-être le lire au calme ! :D

Yann :wink:
"Happiness only real when shared" Chris McCandless
"Ma religion, c'est l'amour" Guy Gilbert

PrécédenteSuivante

Retourner vers "Au terminus"

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 0 non inscrits