Monologue littéraire

Pour tout ce qui ne concerne pas les transports, blagues, espace de détente :D
Avatar de l’utilisateur
citelis94000
 
Messages: 1358
Inscription: Ven 8 Oct 2010 17:35
Localisation: Créteil(94)
Super la photo !

Avatar de l’utilisateur
andrei
 
Messages: 462
Inscription: Jeu 24 Juin 2010 12:50
Mausolée, de Rouja Lazarova, chez Flammarion.

Ecrit directement en français, ce livre est à mi-chemin entre le roman et la chronique familiale. Le destin de plusieurs familles bulgares, depuis la fin de la seconde guerre mondiale jusqu'à aujourd'hui, est décrit avec finesse et légèreté. La Bulgarie a connu la même tragédie que les autres pays de l'Est lors de l'arrivée de l'Armée Rouge et à l'instauration du communisme : extermination des élites, purges et arrestations arbitraires, avènement d'une administration incompétente et malfaisante ; pour résultat, la déchéance culturelle, humaine et économique qui a perduré jusqu'à la fin des dictatures. De même que dans les autres pays de l'Est, la libération du communisme n'a apporté à la Bulgarie le miracle attendu : les mentalités sinistrées par plus de 40 ans de communisme étaient incompatibles avec la construction d'une démocratie civilisée et prospère. Ce n'est que vingt ans après la chute des dictatures bolcheviques que les Pays de l'Est ont suffisamment remonté la pente pour pouvoir intégrer l'Union Européenne.

Bref, ce n'est pas un livre d'une gaieté extraordinaire, mais particulièrement intéressant, surtout pour ceux qui trouvent un aura glamour au communisme.

Avatar de l’utilisateur
Yann
Administrateur du site
 
Messages: 3393
Inscription: Jeu 8 Juil 2010 23:49
Localisation: Ozoir-la-Ferrière (77)
andrei a écrit:Mon Père inconnu : I. Bashevis Singer d'Israël Zamir, aux éditions Arléa. Traduit de l'anglais par Carine Chichereau.

Je continue la re-découverte littéraire du monde ashkénaze, avec un livre dédié à l'un de ses écrivains les plus connus.
Lauréat du Prix Nobel de Littérature, Bashevis Singer est né en Pologne et s'est installé aux USA avant la dernière guerre mondiale. Il écrivait exclusivement en yiddish, et ses oeuvres ont pour sujet l'univers des juifs de l'Europe de l'Est. J'ai lu plusieurs de ses nouvelles, et un excellent roman intitulé "Le petit monde de la rue Krochmalna", que je recommande à tous.

Mon père inconnu décrit les retrouvailles de l'écrivain avec son fils, dont il a été séparé depuis 1935 et jusqu'au début des années 1950. Souvent, les grands créateurs sont de très mauvais pères et de lamentables maris ; Bashévis Singer n'échappe pas à la règle. Néanmoins, son fils nous en fait le portrait avec beaucoup de sérénité et de pudeur. C'est un livre très instructif autant sur l'écrivain que sur le pardon.


C'est en suivant tes conseils avisés que j'ai choisi ce livre dernièrement à ma bibliothèque :

L'élu [The chosen] de Chaïm Potok, chez 10/18 traduit par Jean Bloch-Michel

L'auteur est aussi un juif new-yorkais dont les parents venaient de Pologne. Dans cette œuvre, à la fois pleine de douceur, de sérénité et de tourments des juifs spectateurs (les américains), victimes (les européens) et acteurs (les sionistes) dans les remous de l'Histoire de 1944 à 1949, nous accompagnons cette communauté de Brooklyn dans ses déchirements, ses traditions, sa force malgré tout qui lui permet de survivre à tous les malheurs qu'elle semble destinée à recevoir.
On se laisse porter par cette magie, cet arbre qui prend ses racines si loin dans le temps et l'espace mais dont les branches continuent de s'offrir au soleil et aux tempêtes.
Un doux régal !

Yann :wink:
"Happiness only real when shared" Chris McCandless
"Ma religion, c'est l'amour" Guy Gilbert

Avatar de l’utilisateur
Yann
Administrateur du site
 
Messages: 3393
Inscription: Jeu 8 Juil 2010 23:49
Localisation: Ozoir-la-Ferrière (77)
andrei a écrit:
Yann a écrit:Le lièvre de Vatanen [Jäniksen Vuosi] d'Arto Paasilinna, chez Folio, traduit du finnois par Anne Colin du Terrail


C'est un livre très sympa, et très bien traduit. Je le considère un peu comme le dernier ouvrage hippy ou beatnik...


Ah oui, tiens, je ne l'avais pas vu comme ça, mais maintenant que tu le dis, je le replace mieux dans son contexte et effectivement, il prend un sens différent. Il a su néanmoins résister aux affres du temps et rester d'actualité.
citelis94000 a écrit:Super la photo !


Ah oui, mais elle n'est pas de moi malheureusement.

Celle-ci, par contre :

Image

Yann :wink:
"Happiness only real when shared" Chris McCandless
"Ma religion, c'est l'amour" Guy Gilbert

Avatar de l’utilisateur
andrei
 
Messages: 462
Inscription: Jeu 24 Juin 2010 12:50
Yann a écrit: C'est en suivant tes conseils avisés que j'ai choisi ce livre dernièrement à ma bibliothèque :

L'élu [The chosen] de Chaïm Potok, chez 10/18 traduit par Jean Bloch-Michel
Yann :wink:


Merci Yann :wink:

La littérature juive d'origine Est Européene est un monde à part entière ! Attention, tu commences a y prendre goût... Essaie de trouver "Le petit monde de la rue Crochmalna" de I.B. Singer : c'est un roman vivant, et écrit avec une maîtrise impeccable du style et de l'intrigue.

Avatar de l’utilisateur
Yann
Administrateur du site
 
Messages: 3393
Inscription: Jeu 8 Juil 2010 23:49
Localisation: Ozoir-la-Ferrière (77)
andrei a écrit:
Yann a écrit: C'est en suivant tes conseils avisés que j'ai choisi ce livre dernièrement à ma bibliothèque :

L'élu [The chosen] de Chaïm Potok, chez 10/18 traduit par Jean Bloch-Michel
Yann :wink:


Merci Yann :wink:

La littérature juive d'origine Est Européene est un monde à part entière ! Attention, tu commences a y prendre goût... Essaie de trouver "Le petit monde de la rue Crochmalna" de I.B. Singer : c'est un roman vivant, et écrit avec une maîtrise impeccable du style et de l'intrigue.


Merci du conseil, c'est vrai que ça me titille énormément cette littérature, comme si toute l'histoire du peuple juif (Et Dieu sait qu'elle est riche) s'y concentrait.
Je viens de regarder, on n'a qu'un seul livre de I.B. Singer à la bibli : Le roi des champs.
Je le prendrai dès que l'occasion se présente.

Yann :wink:
"Happiness only real when shared" Chris McCandless
"Ma religion, c'est l'amour" Guy Gilbert

Avatar de l’utilisateur
Yann
Administrateur du site
 
Messages: 3393
Inscription: Jeu 8 Juil 2010 23:49
Localisation: Ozoir-la-Ferrière (77)
Le zéro et l'infini [Darkness at noon] d'Arthur Koestler aux éditions Calmann-Lévy, traduit par Jérôme Jenatton

Encore un livre qui devrait susciter la réaction de notre cher Andrei ! :evil:
Ce livre, qui date de 1938, est en effet une critique de la dérive totalitariste du communisme en URSS, et notamment le Stalinisme.
L'auteur est hongrois, émigré en France puis en Angleterre (ce livre est d'ailleurs écrit en anglais). Déçu du communisme qu'il a soutenu dans sa jeunesse, il continue dans cette œuvre à en louer la "pureté" des idées qui ont lancées la Révolution, mais s'interroge sur les moyens mis en œuvre pour la sauvegarder :

"Il faut trouver la cause des défaillances du Parti. Tous nos principes étaient
bons, mais nos résultats ont été mauvais. Ce siècle est malade. Nous en avons
diagnostiqué le mal et ses causes avec une précision microscopique, mais
partout où nous avons appliqué le bistouri, une nouvelle pustule est apparue.
Notre volonté était pure et dure, nous aurions dû être aimés du peuple. Mais il
nous déteste. Pourquoi sommes-nous ainsi odieux et détestés ?
Nous vous avons apporté la vérité, et dans notre bouche elle avait l’air d’un
mensonge. Nous vous avons apporté la liberté, et dans nos mains elle
ressemble à un fouet. Nous vous avons apporté la véritable vie, et là où notre
voix s’élève les arbres se dessèchent et l’on entend bruire les feuilles mortes.
Nous vous avons apporté la promesse de l’avenir, mais notre langue bégaie et
glapit…"

"Évidemment, seule la souffrance qui avait un sens était inévitable; c'est-à-dire
celle qui était enracinée dans la fatalité biologique. D'autre part, toute souffrance
d'origine sociale était accidentelle, donc sans rime ni raison. Le seul objet de la
révolution était l'abolition de toute souffrance sans raison. Mais il s'était trouvé
que l'élimination de cette seconde espèce de souffrance n'était possible qu'au
prix d'un immense accroissement temporaire du total de la première. Aussi la
question se posait-elle à présent sous cette forme : une telle opération est-elle
justifiée ? Elle l'était évidemment, si l'on parlait dans l'abstrait de "l'humanité" ;
mais, appliquée à "l'homme" au singulier, au symbole 2-5;1-5 [ndy : JE dans
l'alphabet quadratique], l'être humain réel de chair et d'os, de peau et de sang,
ce principe conduisait à une absurdité. Dans sa jeunesse, il avait cru qu'en
travaillant pour le Parti il trouverait réponse à toutes les questions de ce genre.
Son travail avait duré quarante ans, et dès le commencement il avait oublié la
question qui l'avait poussé à entreprendre cette tâche. Maintenant, quarante
ans s'étaient écoulés, et il revenait à sa première perplexité d'adolescent. Le
Parti avait pris tout ce qu'il avait à donner et ne lui avait jamais donné la
réponse. "

Un livre puissant, qui fait réfléchir sur la place de l'Homme dans la société :
vaut-il zéro car seule l'humanité compte ?
vaut-il l'infini car il est à l'image de Dieu ?

Yann :wink:
"Happiness only real when shared" Chris McCandless
"Ma religion, c'est l'amour" Guy Gilbert

Avatar de l’utilisateur
andrei
 
Messages: 462
Inscription: Jeu 24 Juin 2010 12:50
Yann a écrit:Le zéro et l'infini [Darkness at noon] d'Arthur Koestler aux éditions Calmann-Lévy, traduit par Jérôme Jenatton

Encore un livre qui devrait susciter la réaction de notre cher Andrei ! :evil:

(...)

"Il faut trouver la cause des défaillances du Parti. Tous nos principes étaient
bons, mais nos résultats ont été mauvais. Ce siècle est malade. Nous en avons
diagnostiqué le mal et ses causes avec une précision microscopique, mais
partout où nous avons appliqué le bistouri, une nouvelle pustule est apparue.
Notre volonté était pure et dure, nous aurions dû être aimés du peuple. Mais il
nous déteste. Pourquoi sommes-nous ainsi odieux et détestés ?
Nous vous avons apporté la vérité, et dans notre bouche elle avait l’air d’un
mensonge. Nous vous avons apporté la liberté, et dans nos mains elle
ressemble à un fouet. Nous vous avons apporté la véritable vie, et là où notre
voix s’élève les arbres se dessèchent et l’on entend bruire les feuilles mortes.
Nous vous avons apporté la promesse de l’avenir, mais notre langue bégaie et
glapit…"


Le problème, c'est que les "magnifiques" idées du communisme ne peuvent fonctionner dans la pratique.
Donnez-moi le nom d'un seul pays communiste qui soit resté démocratique et prospère, et je m'arrache un bras.
Tous ces "nobles idéaux", une fois appliquées même partiellement, n'ont débouché sur rien d'autre que l'ordure.

Qu'est-ce que j'appele l'ordure : la haine stupide, la violence inutile, l'intolérance totale, la pauvreté généralisée, la lacheté instituée en tant que mode de survie, le règne de l'incompétence, la délation encouragée et récompensée, les dizaines de millions de vies sacrifiées sur l'autel des idées irréalisables et ineptes.
La lutte des classes et la dictature du prolétariat - en un seul mot, le communisme, ce n'est que du nazisme sous un autre nom.

Avatar de l’utilisateur
Yann
Administrateur du site
 
Messages: 3393
Inscription: Jeu 8 Juil 2010 23:49
Localisation: Ozoir-la-Ferrière (77)
Un peu de retard dans ma chronique...

Le poids des secrets (T1 Tsubaki, T2 Hamaguri, T3 Tsubame, T4 Wasurenagusa, T5 Hotaru) de Aki Shimazaki, chez Babel

Contrairement à ce que laisse présager le nom de l'auteur et les titres des 5 tomes de cette série, ce sont bien des œuvres écrites en français. L'auteur est née au Japon mais vit au Québec depuis 20 ans.

Ces 5 (petits) livres sont en fait 5 versions d'une même histoire, relatée selon 5 points de vue différents. Une sorte de saga familiale (de la colonisation japonaise de la Corée à l'émigration en Amérique du Nord, en passant par la guerre et la bombe atomique) que les différents personnage nous dépeignent avec leurs sensibilités, leurs cultures, leurs émotions.
Le poids des traditions dans un Japon qui connaît d'énormes bouleversements au XXème siècle, la souffrance des secrets à porter, la finesse et la légèreté du style, tous est porté dans cette œuvre vers une accroche prometteuse. Un régal.

Yann :wink:
"Happiness only real when shared" Chris McCandless
"Ma religion, c'est l'amour" Guy Gilbert

Avatar de l’utilisateur
Yann
Administrateur du site
 
Messages: 3393
Inscription: Jeu 8 Juil 2010 23:49
Localisation: Ozoir-la-Ferrière (77)
Le Roi des champs [The King of the fileds] d'Isaac Bashevis Singer, chez Stock, traduit par Marie-Pierre Bay

Et voilà, je continue ma plongée dans l'univers de la littérature juive. Cette fois-ci, c'est un roman, ou plutôt une fable, historique que j'ai découvert plein d'émerveillement.
Nous sommes propulsés quelque part dans la Pologne du Moyen-Âge, témoins de la confrontation des croyances ancestrales avec les monothéismes juifs et chrétiens, d'une transition culturelle entre l'homme sauvage et le modernisme incarné par l'agriculture et la ville, d'un choix difficile entre liberté et confort de vie, d'une interrogation philosophique et théologique sur les travers à la fois du liberalisme et du communisme.
Mais partout, c'est le visage de la Nature humaine que l'auteur cherche à nous montrer, plein de rêves mais confrontés aux exigences de la vie en société.

Du grand art !

Yann :wink:
"Happiness only real when shared" Chris McCandless
"Ma religion, c'est l'amour" Guy Gilbert

PrécédenteSuivante

Retourner vers "Au terminus"

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 0 non inscrits

cron