Cruchot a écrit:Si tu avais été un peux curieux tu aurais vu que dans les historiques de lignes de BP ils y sont depuis hier
Excellent travail

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Moins de bus, couacs sur la maintenance… À Ivry et Vitry, le passage chez Keolis se fait dans la douleur
Les syndicats et les salariés dénoncent des « attaques » sur leurs conditions de travail de la part de la filiale de Keolis désormais en charge des dépôts de bus de Vitry et Ivry. La direction évoque surtout « des ajustements opérationnels et sociaux ». Un premier préavis de grève a été rejeté pour des raisons légales.
« Si ça continue comme ça, à la rentrée, 50 % des services ne seront pas assurés », s’alarme Louis (le prénom a été changé), chauffeur de bus depuis 20 ans. Soit, si ses craintes se concrétisent, un bus sur deux en septembre sur plus de 28 lignes desservant le sud de Paris et le Val-de-Marne. Parmi lesquelles six lignes intra-muros dont les très stratégiques 62 (Porte de Saint-Cloud - Porte de France) et 91 (Gare Montparnasse - Gare du Nord) et sept lignes de nuit.
En cause, la reprise en main des dépôts de bus de Vitry-sur-Seine et Ivry-sur-Seine dans le Val-de-Marne par Keolis. Dans le cadre de l’ouverture à la concurrence, l’opérateur a récupéré l’exploitation des ces dépôts, le 1er août, ainsi que celle du tramway T9. Mais la transition se fait dans la difficulté. « Jusque-là, l’ouverture à la concurrence s’est plutôt faite sans encombre, concède Alexandre El Gamal, ancien délégué syndical CGT de la RATP, désormais salarié de Keolis, et dirigeant de la fédération transports du syndicat. Mais là, on est confrontés à de vraies difficultés. »
Dans plusieurs tracts, la CGT dénonce des « attaques » contre les conditions de travail. Un bilan qui contraste avec celui dressé par Keolis Île-de-France : « trois semaines après cette transition d’ampleur, des ajustements opérationnels et sociaux sont en cours, et nous avons déjà réussi notre première phase de transition ».
Des bus qui circulent avec des problèmes de freins
Plusieurs salariés dénoncent pourtant le « manque d’anticipation » du nouveau gestionnaire qui a récupéré 2 000 agents et la desserte de 34 communes. « Keolis ne gérait que des petits dépôts en grande banlieue. Ses logiciels ne peuvent gérer que 200 personnes. Rien qu’à Vitry, on est 600 ! Comment ça se fait ? », questionne Louis.
Résultat : des couacs avec des conséquences potentiellement graves, selon nos interlocuteurs. « Avant, avec le logiciel de la RATP, quand on signalait qu’un bus avait un problème de freinage, il était automatiquement bloqué jusqu’à réparation. Mais le nouvel outil ne le permet pas, raconte Yassine, chauffeur de bus rattaché au dépôt de Vitry. Donc quand j’ai signalé un souci grave de freinage, le lendemain, quelqu’un est ressorti avec le bus concerné. »
« C’est une catastrophe à tous les niveaux. Ils attendent quoi ? Un accident grave ? », s’alarme le machiniste. Son collègue Louis, qui s’est retrouvé coincé dans des travaux après une erreur du régulateur, reconnaît une période « anxiogène. Ils ont mis tous les plannings que la RATP avait préparés à la poubelle. On arrive le matin, on ne sait pas où on va, on doit tout organiser nous-mêmes. Donc oui, on craque ! »
Contacté, Keolis Île-de-France réfute qu’une telle situation concernant le freinage d’un véhicule se soit produite et assure que « tout défaut technique ou problème entraîne l’arrêt immédiat et la révision des bus ». « Leur maintenance est une priorité pour nous afin d’assurer la sécurité de nos agents et des voyageurs. Aucun bus ne peut sortir s’il y a un doute sur son état. »
Moins de bus sur les routes
L’autre gros problème pointé par les salariés, c’est l’absence de formations suffisantes sur les nouveaux logiciels. Résultats ? Des maintenances qui s’allongent ou des véhicules qui sortent malgré des circuits électriques à l’air libre. Selon un décompte syndical, à Vitry, 63 bus seraient immobilisés au dépôt, contre « une quinzaine au maximum » avant. Là aussi, l’opérateur conteste : « Nous avons formé notre personnel à leur nouveau cadre de travail avant la passation, afin que tout soit prêt pour le 1er août, et le service a pu être assuré sans coupure depuis cette date. »
Mais le résultat de cette période difficile, selon des sources syndicales, ce sont des arrêts maladie qui se multiplient, avec 89 personnes arrêtées depuis le 1er août. Et une vingtaine de salariés aurait déjà démissionné. Sur ce seul lundi 24 août, il aurait ainsi manqué 63 chauffeurs pour assurer un service total. Soit un machiniste sur dix. « Tu roules, mais ta relève n’est pas là, raconte Yassine. Alors on nous demande de poursuivre. Une fois de temps en temps, ce n’est pas un souci. Mais quand ça devient récurrent, c’est très compliqué. On a des vies à côté. »
Des chiffres non confirmés par l’opérateur, selon qui « aucune série inhabituelle de démissions ou d’arrêts de travail n’a été constatée par les équipes ».
Un préavis de grève refusé
Point d’achoppement le plus important : deux préavis de grève ont été déposés par la CGT et l’UNSA. La direction les a rejetés, jugeant que les « conditions juridiques qui devraient permettre leur dépôt n’étaient pas remplies ». En cause notamment l’absence de tout délégué syndical jusqu’aux élections prévues en novembre. D’ici là, Keolis Île-de-France assure que sa filiale « reste ouverte au dialogue social ».
Mais ce rejet irrite encore un peu plus les salariés. « C’est une cocotte-minute mais on n’a pas de possibilités de l’exprimer ! », peste l’une d’elles. Quand Yassine regrette ouvertement cette attitude : « On avait construit avec la RATP un dialogue solide. Là, c’est comme si notre parole ne comptait plus. On alerte mais personne ne nous prend au sérieux. »
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